Les entreprises au Nigeria peuvent-elles accepter les cryptomonnaies légalement en 2025 ?

Les entreprises au Nigeria peuvent-elles accepter les cryptomonnaies légalement en 2025 ? déc., 23 2025

En 2025, les entreprises au Nigeria se demandent encore s’il est légal d’accepter les cryptomonnaies comme mode de paiement. La réponse n’est pas simple : non, elles ne peuvent pas les accepter directement comme monnaie d’échange, mais elles peuvent le faire indirectement - et uniquement sous très strictes conditions.

Les cryptomonnaies ne sont pas une monnaie légale au Nigeria

Même si le Nigeria est l’un des plus grands marchés de cryptomonnaies en Afrique, avec plus de 60 millions d’utilisateurs, les cryptomonnaies ne sont pas reconnues comme monnaie légale. Seul le naira a ce statut, selon la loi sur la Banque centrale du Nigeria de 2007. Cela signifie que toute entreprise qui accepte Bitcoin, Ethereum ou USDT comme paiement direct pour un produit ou un service enfreint la loi. Ce n’est pas une question d’interdiction de la technologie, mais de définition juridique : la cryptomonnaie est classée comme un actif financier, pas comme une monnaie.

La loi ISA 2025 a tout changé - mais pas comme vous le pensez

Le 29 mars 2025, le président Bola Tinubu a signé la Investments and Securities Act (ISA) 2025. Cette loi a révolutionné le paysage des cryptomonnaies au Nigeria. Elle place les actifs numériques sous la supervision de la Securities and Exchange Commission (SEC), ce qui signifie que les cryptomonnaies sont désormais traitées comme des titres financiers - comme des actions ou des obligations. Ce n’est pas une autorisation d’accepter le Bitcoin au comptoir. C’est une restriction plus forte.

Avant cette loi, les banques étaient interdites de traiter avec les échanges de cryptomonnaies. Depuis 2023, elles peuvent le faire - mais seulement avec des entités enregistrées. Maintenant, la SEC exige que toute entreprise qui veut traiter des cryptomonnaies soit officiellement agréée comme VASP (Virtual Asset Service Provider), DOP (Digital Asset Operator) ou DAE (Digital Asset Exchange). Sans ce statut, accepter une cryptomonnaie, même en échange d’un produit, est illégal.

Comment les entreprises peuvent-elles légalement accepter des cryptomonnaies ?

Il y a une seule voie légale : passer par un intermédiaire agréé. Une entreprise qui vend des vêtements, des téléphones ou des services ne peut pas recevoir du Bitcoin directement. Mais elle peut intégrer une solution comme Quidax, Bybit Nigeria ou Binance Nigeria - toutes des VASP enregistrées auprès de la SEC.

Voici comment ça marche : un client paie en USDT. La plateforme VASP reçoit les fonds, les convertit immédiatement en naira, et transfère le montant équivalent en naira au compte bancaire de l’entreprise. L’entreprise ne voit jamais de cryptomonnaie. Elle reçoit seulement de l’argent nigerian. C’est légal. Mais ce n’est pas ce que les clients veulent. Ils veulent payer en crypto, pas en naira après conversion.

Les frais sont élevés : entre 1,5 % et 3,5 % par transaction. Pour une petite entreprise, cela peut réduire considérablement les marges. Et ce n’est pas tout. Les VASP exigent des systèmes de surveillance des transactions, des protocoles de sécurité ISO/IEC 27001, et un stockage à froid pour 95 % des actifs. Tous ces coûts sont transférés aux entreprises partenaires.

Une petite entreprise face à un énorme document réglementaire et un château de formalités.

Les coûts et les obstacles pour les petites entreprises

Pour devenir VASP soi-même, une entreprise doit débourser entre 85 et 200 millions de nairas (60 000 à 140 000 USD). Elle doit aussi prouver qu’elle a un bureau physique, un manuel anti-blanchiment, des contrôles d’identité pour ses dirigeants, et un système capable de traiter plus de 1 000 transactions par seconde. La moyenne de traitement d’une demande d’agrément est de 145 jours. Et 63 % des demandes sont rejetées la première fois, souvent pour des détails techniques.

Les petites entreprises n’ont pas les ressources pour ça. Un sondage de Breet.io en juillet 2025 montre que 78 % des commerçants avaient essayé d’accepter les cryptomonnaies avant 2025. En 2025, seulement 11 % continuent - et tous passent par un VASP. Les autres ont abandonné. Pourquoi ? Parce que la complexité, les frais et les délais sont trop élevés pour ce qu’ils gagnent.

Les grandes entreprises et les multinationales ont un avantage

Les grandes entreprises comme MTN, Airtel ou des sociétés internationales qui opèrent au Nigeria ont des équipes juridiques et des budgets pour naviguer dans ce système. Elles utilisent les VASP pour recevoir des paiements en crypto de l’étranger - par exemple, pour des services cloud ou des contrats internationaux. Mais elles ne les acceptent pas pour des achats locaux. Leur objectif n’est pas de faciliter les paiements des consommateurs. C’est de simplifier les transferts transfrontaliers.

Les particuliers, eux, utilisent les cryptomonnaies pour autre chose : les envois d’argent. Plus de 22 millions de Nigérians reçoivent chaque année 25 milliards de dollars en envois de la diaspora. Beaucoup de ces fonds arrivent via des plateformes P2P comme Paxful ou LocalBitcoins. Mais les entreprises qui veulent recevoir ces fonds ne peuvent pas les accepter directement. Elles doivent les convertir en naira, ce qui ajoute des coûts et des retards.

Des enfants paient avec des cryptomonnaies à un robot eNaira qui distribue des billets de naira.

Le Nigeria est-il à la traîne par rapport aux autres pays africains ?

Comparé à d’autres pays, la régulation nigériane est l’une des plus restrictives pour les commerçants. En Afrique du Sud, les entreprises peuvent accepter des cryptomonnaies comme paiement direct, sous certaines conditions. Au Kenya, c’est interdit. Au Ghana, un système expérimental permet des essais limités. Le Nigeria a choisi un modèle différent : protection des investisseurs, pas facilitation des paiements.

Un rapport de l’African Fintech Network en juin 2025 donne une note de 7,2/10 pour la protection des investisseurs, mais seulement 4,8/10 pour la facilité d’adoption par les commerçants. En clair : le système protège bien les gens qui spéculent, mais il rend presque impossible pour un petit commerçant de recevoir des paiements en crypto.

Que va-t-il se passer en 2026 ?

La SEC a annoncé en septembre 2025 qu’elle allait revoir le cadre pour les commerçants. Des propositions sont en cours, notamment la création d’une nouvelle catégorie : Digital Payment Vehicle. Ce serait un statut spécifique pour les paiements, avec des exigences beaucoup plus légères - peut-être un capital minimum de 50 millions de nairas (35 000 USD) au lieu de 500 millions.

Parallèlement, la Banque centrale a lancé l’eNaira, sa propre monnaie numérique, en octobre 2025. Elle a déjà 1,2 million d’utilisateurs en une semaine. L’objectif est clair : offrir une alternative nationale et contrôlée aux cryptomonnaies. Si l’eNaira devient populaire, la pression pour légaliser les cryptomonnaies comme paiement pourrait diminuer.

Les analystes de Fitch Ratings et de Standard Chartered estiment que le Nigeria ne reconnaîtra pas les cryptomonnaies comme monnaie légale avant 2027. Mais une voie plus simple pour les commerçants pourrait ouvrir d’ici là. Pour l’instant, la seule option légale reste : passer par un VASP agréé, accepter le naira, et ignorer le Bitcoin.

Que faire si vous êtes une entreprise au Nigeria ?

Si vous voulez accepter les cryptomonnaies :
  • Ne tentez pas de recevoir directement du Bitcoin ou de l’USDT - c’est illégal.
  • Intégrez une solution VASP agréée comme Quidax, Bybit Nigeria ou Binance Nigeria.
  • Assurez-vous que la conversion se fait automatiquement en naira.
  • Calculez les frais (1,5 % à 3,5 %) dans votre prix de vente.
  • Ne confondez pas l’investissement en crypto avec le paiement en crypto. Ce sont deux mondes différents.

Si vous avez les ressources et que vous voulez devenir VASP, préparez-vous à un processus de 6 à 12 mois, avec un budget minimum de 85 millions de nairas. Et même alors, vous ne pourrez pas vendre directement en crypto. Vous vendrez en naira - grâce à la crypto.

Le Nigeria a choisi la sécurité. Mais il a aussi choisi de ralentir l’innovation dans les paiements. Pour les entreprises, cela signifie : pas de crypto comme paiement. Pas encore. Et peut-être jamais, comme on le fait ailleurs.

18 Commentaires

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    maxime plomion

    décembre 25, 2025 AT 00:50
    C’est simple : si tu veux payer en crypto, c’est illégal. Point. Pas de discussion.
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    Rene Gomez

    décembre 26, 2025 AT 23:48
    Je sais que ça a l’air dur, mais écoute… la loi de 2025 a tout changé, mais pas comme on pensait. Les VASP, c’est pas une option, c’est une obligation. Et les frais ? 3,5 %, c’est une rançon. Une petite boulangerie, elle peut pas se permettre ça. Moi j’ai un pote à Lagos qui a essayé, il a perdu 2 mois et 150k nairas juste pour être rejeté. La SEC, elle veut protéger les investisseurs, mais elle écrase les petits. Et les gens veulent juste payer avec leur Bitcoin, pas attendre 3 jours pour avoir des nairas. C’est pas de la technologie qu’on veut, c’est de la liberté.
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    Anne Georgiev Longuet

    décembre 28, 2025 AT 07:50
    C’EST INJUSTE !!!! Pourquoi les grandes entreprises peuvent tout faire et nous, les petits commerçants, on doit se plier à des normes de banque centrale ?! On est des humains, pas des algorithmes !!!!
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    James Angove

    décembre 29, 2025 AT 00:58
    Le Nigeria fait ce qu’il peut 😅 Mais bon, si tu veux vraiment payer en crypto, tu trouves un VASP, tu payes les frais, et tu continues ta vie ! 🚀 #CryptoForThePeople
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    Paris Stahre

    décembre 30, 2025 AT 19:32
    La notion même de monnaie légale est une construction historique dépassée par la technologie. La SEC n’est qu’un vestige d’un ordre monétaire archaïque. L’acte de paiement ne devrait pas nécessiter l’intermédiation d’un État. Mais bien sûr, les bureaucrates préfèrent le contrôle à la liberté.
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    Dominique Lelièvre

    janvier 1, 2026 AT 14:15
    Je comprends que c’est frustrant… mais il faut regarder le long terme. La sécurité des fonds, la traçabilité, la lutte contre le blanchiment… c’est pas juste de la paperasse, c’est de la protection. Et puis, si on laisse tout le monde faire n’importe quoi avec la crypto, on va se retrouver avec des escroqueries à grande échelle. On a déjà vu ça. Mieux vaut avancer lentement que se brûler les ailes.
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    Julien Malabry

    janvier 2, 2026 AT 12:13
    Faut juste intégrer un VASP. C’est pas compliqué. Et les frais ? Tu les mets dans ton prix. Voilà. Simple.
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    James Kaigai

    janvier 2, 2026 AT 20:41
    Bon je suis d’accord avec tout ça mais franchement… c’est trop lourd pour un petit mec qui vend des T-shirts sur Instagram 😅 Mais bon, au moins on a un chemin. 💪
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    Lizzie Perrin

    janvier 3, 2026 AT 23:20
    j’ai lu ce post 3 fois parce que j’ai fait une faute de frappe et j’ai cru que c’était une blague… mais non… c’est réel… 85 millions de nairas pour une petite boutique ?! 😭
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    Adrien GAVILA

    janvier 5, 2026 AT 12:37
    C’est du charabia bureaucratique. VASP, DOP, DAE… c’est juste de la jargonisation pour cacher que le gouvernement a peur de la décentralisation. Le vrai problème, c’est que la SEC veut contrôler ce que les gens font avec leur argent. C’est pas de la régulation, c’est de l’oppression.
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    Arnaud Gawinowski

    janvier 6, 2026 AT 14:05
    Je me souviens quand j’ai essayé de payer un café en BTC à Abuja… le gars a appelé la police. J’étais là, avec mon téléphone, et il a dit : "Vous êtes en train de violer la loi de la Banque centrale." J’ai juste souri et je suis parti. La folie, c’est quand la technologie devient un crime.
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    Andre Swanepoel

    janvier 8, 2026 AT 13:00
    Je vois ce que tu dis. Moi j’ai un cousin qui travaille dans une startup à Port Harcourt. Ils ont intégré Binance comme VASP. C’est pas parfait, mais au moins ils peuvent dire aux clients : "On accepte la crypto." Même si en réalité, c’est du naira. C’est un compromis. Mais c’est mieux que rien. Et les clients, ils comprennent. Ils savent que c’est compliqué là-bas.
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    Mehdi Alba

    janvier 9, 2026 AT 22:43
    Et si je te disais que la SEC et la Banque centrale sont en collusion avec les banques traditionnelles ? Que l’eNaira, c’est juste un piège pour surveiller chaque transaction ? Que les VASP sont des agents du contrôle ? Tu penses que c’est un hasard si les 3 plus gros sont tous liés à des fonds offshore ? 🤔 #DeepStateCrypto
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    Djamila Mati

    janvier 10, 2026 AT 07:05
    En Afrique de l’Ouest, on a appris à naviguer entre les lois et la réalité. Ici, la crypto n’est pas une monnaie… c’est un outil de survie. Les gens l’utilisent pour envoyer de l’argent à la maison. Les entreprises ? Elles sont coincées. Mais ce n’est pas un échec du Nigeria. C’est un échec du modèle colonial qui veut tout contrôler.
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    Vianney Ramos Maldonado

    janvier 10, 2026 AT 21:16
    Il convient de souligner, avec une rigueur académique indiscutable, que la non-reconnaissance juridique des actifs numériques comme moyen de paiement est non seulement conforme à la loi de 2007, mais également cohérente avec les principes de stabilité monétaire énoncés par le FMI en 2023. Toute dérogation constituerait une rupture systémique inacceptable.
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    Laurent Rouse

    janvier 12, 2026 AT 11:14
    Les Blancs de la SEC veulent garder le contrôle. Ils ne veulent pas qu’un Nigérian paie avec sa crypto et que ça échappe à leur système. C’est du racisme économique. Ils veulent que les Africains restent dans leur cage dorée du naira. Et ils appellent ça "protection". Je déteste ça.
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    Philippe AURIENTIS

    janvier 13, 2026 AT 14:55
    J’ai vu des gens dire "il faut juste utiliser un VASP"… mais tu as déjà essayé d’intégrer ça avec un site WordPress ? C’est un cauchemar technique. Et les devs qui comprennent la crypto au Nigeria ? Ils sont rares. Et chers.
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    Denis Groffe

    janvier 14, 2026 AT 12:22
    La crypto c’est la fin de l’État. La SEC sait ça. C’est pourquoi ils ont créé ce système de piège. Les VASP sont des portes déguisées en prison. Et l’eNaira ? C’est le vrai ennemi. Une monnaie numérique contrôlée par le gouvernement. Tu vas payer en eNaira… et ils vont savoir où tu as acheté ton pain. C’est la surveillance totale. Et personne ne le dit.

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