Statut juridique des cryptomonnaies en Chine en 2026

Statut juridique des cryptomonnaies en Chine en 2026 mars, 16 2026

En mars 2026, posséder ou échanger des cryptomonnaies en Chine est illégal. Ce n’est pas une question de régulation stricte - c’est une interdiction totale. Tout ce qui touche aux cryptomonnaies, que ce soit les échanges, le minage, ou même simplement les conserver dans un portefeuille numérique, est interdit par la loi. Ce n’est pas un simple avertissement. C’est une règle appliquée avec rigueur, et les conséquences peuvent être graves.

De l’enthousiasme à l’interdiction totale

Il y a dix ans, la Chine était l’un des plus grands marchés mondiaux de cryptomonnaies. Des milliers de mineurs opéraient dans les provinces du Xinjiang et du Sichuan. Des plateformes comme Binance et Huobi avaient des millions d’utilisateurs chinois. Mais tout a changé. En 2017, les autorités ont d’abord interdit les ICO (collectes de fonds en cryptos). Puis, en 2021, elles ont déclaré toutes les transactions en cryptomonnaies illégales. Mais ce n’était que le début.

Le 1er juin 2025, une nouvelle circulaire, la n°237, a tout bouleversé. Elle a étendu l’interdiction à toutes les activités liées aux cryptos : trading, minage, fourniture de services de prix, échange contre le yuan, et même la promotion sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, même un Chinois qui achète du Bitcoin sur une plateforme étrangère en ligne enfreint la loi. Et cela vaut aussi pour les étrangers en visite ou résidant en Chine.

Que dit exactement la loi ?

La loi chinoise ne considère pas les cryptomonnaies comme une monnaie. Elles sont classées comme un commodité virtuelle - un peu comme un jeu vidéo ou un NFT. Mais contrairement à ces objets, les cryptos ne bénéficient d’aucune protection juridique. Si vous perdez vos actifs, ou si vous êtes victime d’une arnaque, les tribunaux refusent de vous aider. Ils disent simplement : « Ce n’était pas légal, donc pas de recours. »

Les banques, les applications de paiement comme Alipay ou WeChat Pay, et même les services de transfert d’argent sont interdits de traiter avec des cryptos. Aucun compte bancaire ne peut être ouvert pour acheter du Bitcoin. Aucun virement ne peut être effectué vers une adresse blockchain. Tous les contrats liés aux cryptos sont nuls et non avenus. Même si vous signez un accord pour vendre vos ETH, il n’a aucune valeur légale.

Le minage, un crime énergétique

La Chine était autrefois le leader mondial du minage de Bitcoin. Elle produisait plus de 70 % de la puissance mondiale. Mais le gouvernement a vu là un risque : une consommation d’électricité massive, une perte de contrôle sur les flux financiers, et une menace pour la stabilité du yuan. En 2021, les provinces ont commencé à fermer les fermes de minage. En 2025, la circulaire n°237 a rendu toute activité de minage illégale, partout en Chine.

Des milliers d’installations ont été démantelées. Des machines ont été saisies, des câbles coupés, des bâtiments fermés. Aucune nouvelle installation n’est autorisée. Même les petits mineurs à domicile sont ciblés. Les autorités utilisent des outils de surveillance énergétique pour détecter les anomalies de consommation. Si votre facture d’électricité monte soudainement sans raison, vous pourriez être inspecté.

Une famille utilise le yuan numérique pour payer ses achats, tandis qu'un homme tente en vain d'envoyer des cryptos dans une banque.

Le yuan numérique : l’alternative d’État

Le gouvernement chinois ne veut pas supprimer l’argent numérique - il veut le contrôler. C’est pourquoi il développe activement le yuan numérique (e-CNY). Ce n’est pas une cryptomonnaie. C’est une version numérique du yuan, entièrement gérée par la Banque populaire de Chine. Toutes les transactions sont traçables. Tous les utilisateurs doivent s’identifier. Il n’y a pas d’anonymat.

Le e-CNY est déjà testé dans plus de 200 villes. Des millions de Chinois l’utilisent pour payer les transports, acheter des produits, ou recevoir leurs salaires. Les gouvernements locaux l’incitent même en offrant des primes pour l’usage du e-CNY. C’est une stratégie claire : remplacer les cryptos privées par un système centralisé, sûr, et entièrement sous contrôle étatique.

La différence entre blockchain et cryptomonnaies

Le gouvernement chinois fait une distinction nette : il soutient la technologie blockchain, mais rejette les cryptomonnaies. Pourquoi ? Parce que la blockchain, selon lui, peut être utilisée pour la traçabilité des marchandises, la gestion des contrats publics, ou la logistique. C’est un outil de transparence. Les cryptos, elles, sont perçues comme des outils de fraude, de blanchiment d’argent, et de fuite de capitaux.

Les entreprises chinoises peuvent légalement développer des solutions blockchain. Les universités enseignent la technologie. Les ministères expérimentent des registres décentralisés pour les certificats de propriété ou les documents médicaux. Mais si une entreprise utilise cette même technologie pour créer une cryptomonnaie ou un token, elle est immédiatement sanctionnée.

Hong Kong : une exception dans l’État

Il existe une exception : Hong Kong. Bien que faisant partie de la Chine, Hong Kong conserve son propre système juridique et financier. En mai 2025, elle a adopté une loi sur les stablecoins, devenant l’un des premiers endroits au monde à encadrer légalement ces actifs. Des plateformes comme Binance et OKX y ont déposé des demandes de licence. Cela montre que la Chine n’a pas une politique unique - elle applique des règles différentes selon les territoires.

Mais cette exception ne s’étend pas au continent. Un Chinois de Pékin qui utilise une plateforme de Hong Kong pour trader du Bitcoin enfreint toujours la loi. Les autorités du continent surveillent même les sites web hébergés à Hong Kong si elles pensent qu’ils ciblent les citoyens chinois.

Un dragon e-CNY guide des créatures crypto loin d'un pont étatique, tandis que Hong Kong brille à l'écart.

Les conséquences pour les particuliers

Si vous êtes un particulier en Chine et que vous possédez des cryptos, vous n’êtes pas immédiatement arrêté. Mais vous n’avez aucun recours légal. Si un service en ligne disparaît avec vos fonds, la police ne vous aidera pas. Si vous êtes piraté, les autorités ne récupéreront pas vos actifs. Et si vous tentez de déclarer des gains en cryptos à l’impôt, vous risquez d’être poursuivi pour « activité financière illégale ».

Les autorités peuvent aussi saisir vos actifs. Si vous êtes soupçonné de fraude ou de blanchiment, vos bitcoins, ether, ou autres tokens peuvent être confisqués. Les tribunaux considèrent ces actifs comme des « bénéfices illicites ». Même si vous les avez achetés légalement à l’étranger, ils sont perdus.

Et les entreprises ?

Pas de place pour les entreprises. Aucune plateforme de trading, aucun service de conversion, aucun wallet, aucune agence de conseil ne peut fonctionner en Chine. Même les entreprises étrangères qui veulent vendre leurs services aux Chinois doivent obtenir une autorisation - et aucune n’est accordée. Les sites web qui promeuvent les cryptos sont bloqués. Les publicités sur WeChat, Douyin ou Baidu sont supprimées. Les influenceurs qui parlent de Bitcoin sont sanctionnés.

Les entreprises qui ont tenté de contourner la loi en créant des filiales offshore ont été sanctionnées. La Chine considère que toute activité qui cible ses citoyens - même depuis l’étranger - est soumise à sa loi. Il n’y a pas de zone grise.

Que dit l’avenir ?

Il n’y a aucun signe que la Chine va assouplir sa politique. Au contraire. Le yuan numérique est en pleine expansion. Les infrastructures pour le contrôler sont en place. Les citoyens sont conditionnés à le utiliser. Le rejet des cryptos privées est devenu un pilier de la politique financière nationale.

Les experts estiment qu’il faudrait un changement majeur de pouvoir politique pour que cela change - et il n’y en a pas en vue. La Chine veut contrôler l’argent. Pas le décentraliser. Les cryptomonnaies représentent une menace à ce contrôle. Et le gouvernement n’a pas l’intention de la laisser exister.

Peut-on posséder des cryptomonnaies en Chine sans être puni ?

Techniquement, la loi ne criminalise pas la simple possession de cryptomonnaies. Mais il n’y a aucune protection juridique. Si vous êtes découvert avec des actifs numériques, vous ne pouvez pas les défendre en justice. Vous ne pouvez pas les échanger, les vendre, ni les transférer. Les autorités peuvent les saisir à tout moment, et vous risquez des sanctions si vous tentez de les utiliser. En pratique, posséder des cryptos en Chine est trop risqué pour être viable.

Pourquoi la Chine interdit-elle les cryptomonnaies mais encourage-t-elle la blockchain ?

Parce que la blockchain peut être contrôlée. Le gouvernement peut décider qui a accès aux données, comment elles sont utilisées, et où elles sont stockées. Les cryptomonnaies, elles, sont décentralisées : personne ne peut les arrêter, les bloquer ou les surveiller. La Chine veut un système numérique où elle a le dernier mot - pas un système où les citoyens échappent à son contrôle.

Les Chinois peuvent-ils utiliser des cryptos à l’étranger ?

Oui, mais avec des risques. Si un Chinois achète des cryptos à l’étranger, il ne viole pas la loi tant qu’il ne les utilise pas en Chine. Mais s’il les transfère sur un compte bancaire chinois, ou s’il les utilise pour payer des biens ou services en Chine, il enfreint la loi. De plus, les autorités surveillent les transactions transfrontalières. Si elles détectent un flux important vers des plateformes de cryptos, elles peuvent enquêter.

Quelle est la différence entre le yuan numérique et les cryptomonnaies ?

Le yuan numérique (e-CNY) est une monnaie d’État. Toutes les transactions sont traçables, liées à votre identité, et contrôlées par la Banque populaire de Chine. Les cryptomonnaies, elles, sont décentralisées : personne ne les contrôle, les transactions sont anonymes, et elles échappent aux systèmes bancaires traditionnels. Le e-CNY renforce le pouvoir de l’État. Les cryptos le menacent.

Les entreprises étrangères peuvent-elles proposer des services crypto aux Chinois ?

Non. Même si une entreprise est basée à Singapour, à Malte ou à Hong Kong, elle ne peut pas cibler les Chinois avec des services crypto. La loi chinoise considère que toute activité qui touche ses citoyens - même à l’étranger - est soumise à sa juridiction. Les plateformes étrangères qui tentent de le faire sont bloquées, poursuivies, ou sanctionnées par les autorités chinoises.

19 Commentaires

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    Jules Addams

    mars 16, 2026 AT 10:49

    La Chine a fait le bon choix. Pas de place pour le chaos financier. Le yuan numérique, c’est l’avenir : transparent, contrôlé, sécurisé. Les cryptos, c’est du désordre avec des faux prophètes qui croient en la décentralisation. La liberté, c’est pas l’anarchie. C’est la stabilité.

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    Pascal Resalian

    mars 16, 2026 AT 18:39

    Et si on arrêtait de voir les choses en noir et blanc ? 🤔 La blockchain, c’est juste un outil. Comme un marteau. Tu peux en faire un couteau ou un pont. La Chine interdit le marteau parce qu’un gars l’a utilisé pour casser une vitre. Mais elle utilise le même marteau pour construire des hôpitaux. Hypocrisie ? Ou pragmatisme ?

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    Lucas ESPINAR

    mars 18, 2026 AT 16:20

    Je trouve ça pathétique. Les gens qui défendent les cryptos, c’est toujours les mêmes : des libertaires qui croient que la technologie va les sauver du système. Mais la technologie, c’est juste un miroir. Elle reflète les pouvoirs qui la contrôlent. Le yuan numérique, c’est le pouvoir qui s’adapte. Les cryptos, c’est le pouvoir qui s’effondre. Et ça fait peur aux naifs.

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    Nicole Freiday

    mars 19, 2026 AT 23:44

    Vous êtes naïfs. Ce n’est pas une question de contrôle. C’est une question de survie. Si chaque citoyen peut avoir un compte hors système, comment contrôler les flux ? Comment empêcher les fuites de capitaux ? Comment éviter que les riches fuient avec leurs bitcoins ? C’est un piège géopolitique. Et nous, les Européens, on regarde sans voir.

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    James Hink

    mars 20, 2026 AT 23:05

    Je comprends la Chine. Vraiment. Mais j’ai un cousin qui a perdu 50k€ en crypto il y a 2 ans. Il a appelé la police. Ils ont dit : « Désolé, c’est illégal. » Il a tout perdu. Sans recours. C’est ça, la réalité. Pas la politique. La douleur.

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    Tom Smith

    mars 22, 2026 AT 22:04

    La Chine est la seule nation au monde qui a le courage de dire NON. Pas de compromis. Pas de demi-mesures. Les Occidentaux, ils veulent tout : liberté, sécurité, innovation… sans payer le prix. La Chine paie. Elle ferme les portes. Elle écrase les parasites. Et elle avance. On devrait lui envoyer des fleurs. Pas des critiques.

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    gabrielle burdó

    mars 23, 2026 AT 09:48

    Le yuan numérique est un système de surveillance de masse. Il n’y a aucune différence entre le contrôle de l’État et la tyrannie. Les cryptomonnaies, même illégales, représentent une résistance symbolique. Et cette résistance, même minuscule, est plus humaine que n’importe quel QR code traçable.

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    Agathe Paprocki

    mars 25, 2026 AT 01:32

    Je pleure pour les mineurs du Xinjiang… 🥺 Ils ont travaillé jour et nuit, avec des ventilateurs qui claquaient, des câbles qui fumaient… Et maintenant ? Des machines cassées. Des familles ruinées. Et personne ne leur dit merci. La Chine a tué un rêve. Pour un billet numérique. C’est triste. Triste comme un téléphone mort à 1%.

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    Jean Marc Brissau

    mars 26, 2026 AT 04:25

    Je vous comprends tous. Vraiment. Mais personne ne parle du vrai problème : les banques. Les banques chinoises ont tout perdu en 2021. Elles ont vu des milliards de yuans disparaître dans des wallets anonymes. Elles ont eu peur. Alors elles ont demandé au gouvernement d’arrêter tout ça. Ce n’est pas idéologique. C’est économique. Et c’est plus triste que tout.

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    lili haddad

    mars 27, 2026 AT 08:18

    Je pense que la Chine a raison. Pas parce que je déteste les cryptos. Mais parce que je veux que les gens soient protégés. Sans protection, c’est la jungle. Et la jungle, c’est pas la liberté. C’est la peur.

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    진 연강

    mars 28, 2026 AT 17:42

    La Chine n’est pas un pays. C’est un système. Et ce système a un but : la survie. Les cryptos, c’est une infection. Le yuan numérique, c’est le vaccin. Et vous, vous pleurez pour les mineurs ? Vous pleurez pour les voleurs. Les vrais héros, ce sont les ingénieurs qui construisent l’avenir. Pas ceux qui veulent le détruire.

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    James Hoberman

    mars 30, 2026 AT 05:52

    La Chine interdit les cryptos. Pourquoi ? Parce que le pouvoir n’aime pas ce qui échappe à son contrôle. Le blockchain ? C’est un outil. Le yuan numérique ? C’est une arme. Et vous, vous croyez que vous êtes libres parce que vous avez un wallet ? Vous êtes un enfant. Qui croit que sa poupée est vivante.

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    Rochelle Rossouw

    mars 30, 2026 AT 19:10

    Je trouve ça fascinant. Personne ne parle du fait que les Chinois ont choisi la sécurité. Pas la liberté. Et peut-être qu’ils ont raison. On a tellement cherché la liberté qu’on a oublié comment être en sécurité.

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    Yvette Escalette

    mars 31, 2026 AT 01:19

    Le yuan numérique est déjà utilisé par 300 millions de personnes. C’est plus que l’Union Européenne. Et ça marche. Les gens payent leurs bus, leurs courses, leurs factures. Sans frais. Sans délai. Sans intermédiaire. Les cryptos ? Elles coûtent 10% en frais. Elles prennent 10 minutes. Elles sont volées tous les jours. Alors oui, la Chine a raison. Et vous, vous voulez défendre quoi ? Du chaos ?

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    Juliette Lebiez

    avril 1, 2026 AT 15:21

    Il est important de noter que la régulation chinoise repose sur un paradigme de souveraineté monétaire, qui s’inscrit dans une logique de résilience systémique, en réaction aux risques systémiques liés à la volatilité des actifs décentralisés, aux vulnérabilités des protocoles non audités, et aux failles de conformité KYC/AML dans les écosystèmes offshore. La non-reconnaissance juridique des cryptomonnaies comme actifs est donc une mesure de prévention des perturbations macroéconomiques, et non une répression idéologique.

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    François Anibal Regis

    avril 2, 2026 AT 14:30

    J’ai regardé les stats. En 2025, la Chine a réduit sa consommation électrique de 12% en fermant les fermes de minage. C’est comme arrêter 10 centrales nucléaires. Et ça, c’est un vrai gain pour la planète. Les cryptos, c’est un gaspillage énergétique. La Chine a choisi le futur. On devrait applaudir, pas critiquer.

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    Chrissy Louise

    avril 3, 2026 AT 19:54

    Ok mais c’est quoi le point ?

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    Philippine Meites

    avril 3, 2026 AT 22:23

    J’essaie de comprendre… Pourquoi la Chine n’a-t-elle pas juste régulé les cryptos ? Pourquoi les a-t-elle interdites ? Je pense qu’il y a une peur plus profonde. Peur de perdre le contrôle. Peur de ne plus être la seule voix. Peur que les gens se connectent entre eux sans elle. C’est triste. Mais c’est humain.

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    Amandine Sadowski

    avril 5, 2026 AT 02:27

    La Chine ne fait pas de politique. Elle fait de la survie. Et elle a choisi la voie de la maîtrise absolue. Les cryptomonnaies, c’est la révolte des individus. Et les révoltes, même minuscules, menacent les empires. Alors on les écrase. C’est la loi du pouvoir. Et la Chine ne fait que suivre la règle.

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